- 15 March 2026
- Updated 20h28
Des poursuites judiciaires engagées contre Joseph Kabila pour “haute trahison” dans l’affaire M23
Un tournant politique majeur s’annonce en République démocratique du Congo (RDC). Dans un communiqué officiel rendu public ce vendredi, le Ministère de la Justice a annoncé avoir donné l’instruction à l’Auditeur Général des FARDC ainsi qu’au Procureur Général près la Cour de cassation d’engager des poursuites judiciaires contre l’ancien président de la République, Joseph Kabila Kabange. Motif : sa “participation directe” à l’agression armée menée par le Rwanda à travers le mouvement rebelle AFC/M23.
Le document, référencé Communiqué n°098, évoque une affaire de “haute trahison à l’égard de la Nation”. Il stipule également que l’ensemble des biens mobiliers et immobiliers de l’ex-chef de l’État doit être saisi, et que des mesures de restriction de mouvement ont été imposées à l’encontre de ses collaborateurs impliqués.
Un ancien président dans l’œil du cyclone
Joseph Kabila a dirigé la RDC de 2001 à 2019, succédant à son père Laurent-Désiré Kabila après son assassinat. Durant ses dix-huit années au pouvoir, il a souvent été critiqué pour son silence face à l’activisme des groupes armés dans l’est du pays, mais jamais encore son implication directe n’avait été publiquement évoquée par les institutions judiciaires congolaises.
Cette mise en accusation intervient alors que la RDC accuse depuis plusieurs mois le Rwanda de soutenir activement la rébellion M23 (Mouvement du 23 mars), rebaptisée récemment AFC (Alliance Fleuve Congo). Le groupe armé contrôle plusieurs zones stratégiques du Nord-Kivu, et ses offensives ont entraîné le déplacement de centaines de milliers de civils.

Un contexte régional tendu
Les relations entre Kinshasa et Kigali sont au plus bas. Plusieurs rapports des Nations unies, corroborés par des sources indépendantes, confirment l’implication de l’armée rwandaise aux côtés des rebelles. Paul Kagame, président du Rwanda, fait face à une pression croissante sur la scène diplomatique, notamment en raison de sanctions économiques et d’appels à un retrait immédiat de ses troupes.
C’est dans ce contexte que le nom de Joseph Kabila refait surface. Selon plusieurs observateurs, l’ancien président aurait joué un rôle de facilitateur dans les tractations régionales qui ont permis la résurgence du M23 sous une nouvelle bannière. Des révélations qui, si elles sont confirmées, pourraient ébranler durablement le paysage politique congolais.
Une justice sous haute surveillance
Cette procédure judiciaire soulève des questions sensibles dans un pays où l’appareil judiciaire est régulièrement accusé de manquer d’indépendance. Le fait que cette action soit initiée par le Ministre de la Justice en personne, à travers une injonction formelle, montre toutefois une volonté d’affirmer l’autorité de l’État face aux alliances politiques passées.
Reste à savoir si cette offensive judiciaire tiendra devant les juridictions nationales et si elle marquera véritablement le début d’une ère de reddition des comptes, ou s’il s’agit avant tout d’une manœuvre politique dans un contexte de tensions internes et régionales.
|F. Carson
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