- 28 January 2026
- Updated 21h02
Justice Militaire|Chute de Goma: Les Généraux Échappent à la Perpétuité, Un « Repli Stratégique » Adoucit les Sanctions
La Haute Cour Militaire a rendu son verdict très attendu ce week-end dans le dossier brûlant de la chute de Goma en janvier 2025. Malgré la gravité des faits – l’abandon de la capitale du Nord-Kivu face à l’avancée des rebelles AFC/M23, le jugement a créé une onde de choc, qualifié d’indulgente par une partie de l’opinion. Les généraux Dany Yangba Tene et Papy Lupembe Mobenzo, ainsi que les commissaires divisionnaires Eddy Léonard Mukuna Ntumba et Jean Romuald Ekuka Lipopo (ancien gouverneur militaire), ont été reconnus coupables de lâcheté face à l’ennemi et de violation des consignes, des manquements au devoir qui avaient gravement ébranlé la confiance nationale. Si le parquet avait requis des peines allant jusqu’à la perpétuité, la cour a finalement prononcé des sanctions allant de 12 à 36 mois de prison ferme.
Ce dénouement relativement clément s’explique par l’accueil réservé à la ligne de défense des prévenus. Ces hauts responsables ont plaidé avoir agi sous les ordres directs du chef d’état-major général, justifiant leur fuite par un « repli stratégique » planifié vers le Sud-Kivu. Cet argument a manifestement pesé lourd dans la balance des juges, qui y ont vu des circonstances atténuantes modérant la peine. Jean Romuald Ekuka Lipopo a écopé de la sentence la plus lourde avec 36 mois, suivi d’Eddy Léonard Mukuna Ntumba (24 mois), tandis que les généraux Yangba Tene et Lupembe Mobenzo n’ont reçu que 12 mois de prison. À ces peines individuelles s’ajoute une amende collective de 2,8 millions de francs congolais.

Ce jugement divise la société congolaise, car il intervient dans un contexte sécuritaire toujours explosif à l’Est. Alors que la nation s’attendait à un verdict exemplaire pour rétablir la discipline et dissuader de futurs abandons de poste, la légèreté des peines est perçue par certains comme un blanc-seing accordé aux fautes graves au sommet de l’appareil sécuritaire. La mort du cinquième prévenu, le général-major Alengbia Nzetetessya, classant l’action publique à son encontre, clôt un dossier judiciaire sans pour autant apaiser les inquiétudes quant à l’efficacité et la loyauté de la chaîne de commandement des FARDC face à la menace persistante des groupes armés.
|REDACTION
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