- 28 January 2026
- Updated 21h02
Crise à l’Est de la RDC : À Lomé, Faure Gnassingbé impose la « Thérapie du Consensus » face à l’Agression
Alors que l’Est de la République démocratique du Congo (RDC) s’enfonce dans une impasse sécuritaire exacerbée par des agressions récurrentes et une prolifération de groupes armés, l’Union africaine (UA) a choisi la capitale togolaise pour tenter une manœuvre de la dernière chance : l’harmonisation radicale des initiatives de paix. Sous l’égide du Médiateur Faure Gnassingbé, le sommet de Lomé a sonné la fin de la « diplomatie en silo » pour privilégier un front uni face au chaos.
L’Urgence d’un Commandement Diplomatique Unique
Depuis des années, le dossier congolais souffre d’un mal chronique : la cacophonie des médiations. Entre les processus de Luanda, de Nairobi, les interventions de la SADC (SAMIDRC) et les mécanismes onusiens, la lisibilité de la sortie de crise s’est brouillée. À Lomé, l’enjeu était de siffler la fin de la récréation.
Le président togolais, Faure Gnassingbé, dont la diplomatie discrète mais efficace est reconnue sur le continent, a réuni les acteurs clés pour « harmoniser les initiatives ». L’objectif est clair : transformer une constellation de bonnes volontés en une machine diplomatique cohérente. Pour Kinshasa, cette harmonisation est vitale. Elle permet d’éviter que les agresseurs ne tirent profit des failles entre les différents mécanismes régionaux pour gagner du temps sur le terrain militaire.

Un Intérêt Vital pour la RDC : Sortir de l’Étau de l’Agression
Pour la République démocratique du Congo, les assises de Lomé revêtent un caractère stratégique majeur pour trois raisons fondamentales :
– La Clarification de la Ligne Rouge : En insistant sur une solution politique concertée, la médiation togolaise rappelle implicitement que la souveraineté de la RDC n’est pas négociable. Face à l’agression, notamment celle documentée par divers rapports d’experts concernant le M23 et ses soutiens, Lomé tente de replacer le curseur sur le respect des frontières et l’intégrité territoriale.
– L’Engagement des Partenaires Internationaux : En réussissant à mobiliser des partenaires internationaux autour de cette feuille de route globale , le médiateur renforce la position de Kinshasa sur la scène mondiale. Il ne s’agit plus seulement d’un conflit frontalier, mais d’une menace à la stabilité continentale qui exige une responsabilité partagée.
– Le Facteur Humain comme Pivot : Le ton ferme employé à Lomé rappelle que les populations civiles sont les premières victimes . Pour la RDC, cette focalisation permet de transformer un débat technique sur les zones de cantonnement en une urgence humanitaire et morale internationale.
«La Solution ne sera pas qu’une affaire d’armes »
Le message de Faure Gnassingbé sur son compte X a résonné comme un avertissement : « Seule une solution politique concertée et durable permettra de restaurer la paix ». C’est ici que réside le véritable défi. Si la RDC a légitimement renforcé ses capacités de défense pour répondre à l’agression, Lomé rappelle que la victoire finale se jouera sur le terrain de la diplomatie et du compromis politique régional.
En filigrane, la rencontre de Lomé a pointé du doigt l’inefficacité des « arrangements fragmentés ». Pour la diplomatie congolaise, c’est une victoire de voir l’UA appeler à un alignement réel des acteurs régionaux. Cela place chaque État de la région des Grands Lacs devant ses responsabilités : soit être un moteur de paix, soit être identifié comme un obstacle au processus de Lomé.
Un Espoir fragile, une Volonté réaffirmée
Si Lomé s’est imposé comme le centre névralgique de la diplomatie africaine le temps d’une journée, le plus dur reste à faire. La « feuille de route » est désormais clarifiée, les rangs sont resserrés, et le médiateur a montré sa détermination.
Pour les Congolais, l’intérêt de ces assises se mesurera à l’aune d’un seul indicateur : le silence des armes dans le Nord-Kivu et l’Ituri. Pour l’heure, l’UA a réussi son pari de la cohérence. Reste à savoir si cette unité de façade résistera aux réalités brutales du terrain où l’agression continue de défier les communiqués officiels.
|P. KABEY
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