- 11 February 2026
- Updated 14h22
RDC : Le « Non » cinglant de Moïse Katumbi au dialogue de Félix Tshisekedi
Par une déclaration incisive datée de ce 2 février 2026, Ensemble pour la République pose ses conditions pour toute discussion nationale. Entre dénonciation d’un simulacre et exigences de libérations politiques, le parti d’opposition durcit le ton et ferme la porte à une rencontre de pure forme.
Au moment ou Kinshasa tente d’amorcer un dialogue national, la principale force d’opposition, Ensemble pour la République, a publié un communiqué sans équivoque. Pour le camp de Moïse Katumbi, hors de question de participer à ce qu’il qualifie de « rencontre de convenance ».
Le ton est donné dès les premières lignes : si le parti réaffirme son attachement au principe d’un dialogue, il rejette catégoriquement le format proposé par le Président Félix Tshisekedi. Pour l’opposition, ce dialogue ne doit pas être une bouée de sauvetage politique pour le pouvoir, mais un espace pour affronter les « causes profondes » de la crise sécuritaire et sociale qui ronge la RDC.
Le parti insiste sur une médiation neutre, citant spécifiquement l’initiative de la CENCO (Conférence Épiscopale Nationale du Congo) et de l’ECC (Église du Christ au Congo), seules institutions jugées capables de garantir la sincérité des débats.
Pour s’asseoir à la table des discussions, Ensemble pour la République dresse une liste d’exigences qui sonnent comme un défi lancé à la présidence :
- Libération immédiate des prisonniers politiques et d’opinion.
- Arrêt des poursuites judiciaires qualifiées d’instrumentalisées.
- Levée des restrictions sur la liberté de circulation des opposants (notamment la délivrance des passeports).
« Ces mesures ne sont ni des concessions ni des faiblesses : elles sont le socle minimal de la confiance », martèle le communiqué.

L’un des points les plus brûlants de cette déclaration concerne la Constitution. Le parti dénonce une « contradiction flagrante » du chef de l’État. D’un côté, le pouvoir négocierait à l’étranger avec le M23/AFC, et de l’autre, il laisserait ses partisans préparer le terrain pour une modification constitutionnelle.
Tout en fermant la porte à Kinshasa, le parti de Moïse Katumbi garde une fenêtre ouverte sur la diplomatie régionale. Il renouvelle son soutien aux efforts de médiation du Président angolais João Lourenço et de l’Union Africaine sous l’égide du Togolais Faure Gnassingbé. Une manière de signifier que la solution à la crise congolaise passera par une pression internationale et africaine plutôt que par des arrangements domestiques sous contrôle présidentiel.
Avec cette sortie, Ensemble pour la République se positionne en gardien de la légalité constitutionnelle et place Félix Tshisekedi devant un dilemme : concéder une ouverture réelle en libérant les espaces de liberté, ou s’enfermer dans un dialogue dont l’absence d’opposition crédible risquerait d’entacher la légitimité.
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