- 5 February 2026
- Updated 19h19
Corridor de Lobito : Le réveil d’un géant logistique en Afrique Centrale
Ce jeudi 5 février 2026, une étape historique a été franchie pour l’intégration économique régionale. Sous l’égide de la Banque mondiale, la République démocratique du Congo (RDC), la Zambie et l’Angola ont lancé à Luanda les travaux de coordination opérationnelle du Corridor de Lobito. Cette réunion tripartite de deux jours, réunissant les ministres des Transports, des Finances et du Commerce extérieur, marque le passage de la vision politique à l’exécution technique d’un projet de transport transcontinental sans précédent.
Le président angolais, João Lourenço, a donné le ton lors de l’ouverture en plaidant pour un pragmatisme absolu . L’enjeu est de taille : transformer ce tracé ferroviaire et routier, qui relie les mines de cuivre et de cobalt du Katanga au port atlantique de Lobito, en un moteur de croissance immédiat. Pour les trois États, il ne s’agit plus seulement de transporter des minerais, mais de fluidifier le commerce intra-africain et de stimuler massivement la création d’emplois locaux grâce à une logistique modernisée.
La RDC, moteur géographique du projet, a dévoilé une stratégie ambitieuse portée par le Vice-Premier ministre Jean-Pierre Bemba. Sa vision se veut multimodale et multisectorielle, dépassant le simple rail pour inclure la fibre optique, l’énergie et des zones économiques spéciales. La priorité absolue est désormais fixée sur le tronçon stratégique Dilolo–Kolwezi–Tenke, colonne vertébrale de l’évacuation des richesses minérales congolaises vers les marchés mondiaux.

Sur le front de la facilitation des échanges, le ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku Kahongya, a rappelé que la RDC a déjà préparé le terrain réglementaire. La ratification de l’Accord de l’OMC sur la facilitation des échanges porte déjà ses fruits, réduisant les goulots d’étranglement bureaucratiques. Cette simplification des procédures d’import-export est essentielle pour que le Corridor de Lobito ne soit pas seulement une infrastructure physique, mais un espace fluide pour les opérateurs économiques.
L’aspect financier et l’attractivité des investissements restent au cœur des débats. Le ministre des Finances, Doudou Fwamba, a insisté sur les réformes structurelles en cours en RDC pour garantir un climat des affaires sain et transparent. Cette volonté de rassurer les investisseurs est cruciale pour mobiliser les capitaux mixtes, publics et privés, nécessaires à la pérennité des infrastructures et au développement des villes modernes prévues le long du tracé.
Enfin, le soutien de la Banque mondiale, réaffirmé par sa directrice générale des opérations Anna Bjerde, vient sceller la crédibilité internationale du projet. En s’engageant fermement à accélérer la mise en œuvre du corridor, l’institution financière transforme cette initiative en un modèle de coopération Sud-Sud. Si le calendrier est tenu, le Corridor de Lobito pourrait redéfinir la géopolitique économique de l’Afrique australe et centrale d’ici la fin de la décennie.
|Rédaction
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