- 28 May 2026
- Updated 13h33
L’UNIVERSITÉ CONGOLAISE FACE AU DÉFI DU TROISIÈME MILLÉNAIRE : LE CAP FIXÉ À MBUJIMAYI
Les assises du premier Congrès d’études congolaises, qui se tiennent à l’Université Officielle de Mbujimayi, ont franchi une étape décisive lors de leur deuxième journée. Réunis au sein de l’amphithéâtre Félix Tshisekedi, denses délégations de professeurs, de chercheurs et d’universitaires venus des quatre coins de la République démocratique du Congo poursuivent une réflexion de fond sur la trajectoire stratégique du pays. Le thème de cette session, « Demain, le Congo du troisième millénaire : conscience historique, gouvernance des savoirs et devenir national », pose une ambition claire : faire de l’institution académique le pivot de la reconstruction nationale.
Invitée d’honneur de cette journée, la ministre de l’Enseignement supérieur et universitaire (ESU), Marie-Thérèse Sombo Ayane, a structuré son intervention autour de la pérennisation des savoirs et de l’urgence de l’innovation scientifique. Dans un monde redéfini par la transition numérique, l’essor de l’intelligence artificielle et les bouleversements climatiques, la ministre a rappelé qu’aucune nation ne peut asseoir sa souveraineté sur ses seules ressources naturelles.
Pour l’exécutif, le constat est sans appel : la richesse matérielle du sous-sol congolais demeure stérile sans un investissement massif dans le capital humain et l’intelligence collective. L’enseignement supérieur doit ainsi rompre avec une tradition purement théorique pour s’ancrer dans les réalités économiques et sociales du pays.

Face aux faiblesses structurelles qui freinent l’essor de la RDC, notamment le chômage des jeunes, le déficit énergétique, le retard industriel et les crises sécuritaires , la ministre a tracé la feuille de route des universités de demain. Celles-ci sont désormais sommées de produire une recherche appliquée, capable d’apporter des réponses pragmatiques aux besoins de la population.
Si le déploiement du système Licence-Master-Doctorat (LMD) et la modernisation des infrastructures constituent des avancées notables, le gouvernement reconnaît les limites actuelles du secteur. Le plaidoyer ministériel s’est voulu réaliste, insistant sur la nécessité de doter le pays de laboratoires modernes et d’allouer des budgets conséquents au soutien des chercheurs.
Parmi les leviers économiques évoqués, la ministre a mis en lumière le projet de loi Mpandanjila, un texte qui ambitionne de rompre avec l’économie de rente en imposant la transformation locale des minerais stratégiques. Cette dynamique industrielle requiert des compétences techniques de pointe que l’université congolaise doit impérativement formaliser.

L’exécutif a listé les secteurs prioritaires sur lesquels l’intelligence nationale doit se concentrer :
- L’agriculture durable pour garantir la sécurité alimentaire ;
- Les énergies renouvelables et le développement des économies verte et bleue ;
- Les technologies de pointe, incluant le numérique, l’intelligence artificielle et les biotechnologies ;
- La santé publique.
En sommes, ces travaux soulignent l’urgence de bâtir un écosystème national où l’État, les universités et le secteur privé collaborent de manière organique. Le développement de la RDC ne dépendra pas de la fatalité de ses richesses, mais de sa capacité à valoriser sa jeunesse et sa communauté scientifique. Les ateliers qui ont suivi cette séance plénière marquent le début d’une refonte méthodologique attendue par l’ensemble du corps social.
|Espérant Katompa
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